Alors que le tonitruant chargé de cours Mathieu Bock-Côté faisait une sortie fracassante contre les grévistes, dimanche à Tout le monde en parle, la plupart de ses collègues semblent plutôt appuyer les revendications étudiantes. Le syndicat des professeurs et professeures de l’Université du Québec à Montréal, d’ailleurs, n’a pas hésité à joindre sa voix à celle de ses élèves. Mais comment un enseignant peut-il s’impliquer activement dans le mouvement? En faisant ce qu’il sait faire de mieux, c’est-à-dire; enseigner.
Lundi 27 février au soir, François Gauthier, professeur au département de sciences des religions, a donné son premier cours magistral entre les quatre murs de l’Absynthe, bar de la rue St-Denis. Recruté par la Mouvance Associative pour le Partage des Savoirs (M.A.P.S), une université populaire de grève, il a présenté une conférence ouverte baptisée « Rebâtir la fibre sociale du Québec ». Devant près de 70 personnes, il a tâché de susciter la discussion et la réflexion autour d’une bière dans une ambiance décontractée. Plusieurs flèches ont été lancées au néo-libéralisme ainsi qu’aux revendications individuelles.
La M.A.P.S., peu connue pour le moment, est une initiative de plusieurs étudiants de l’UQAM qui vise à « poser des questions face au mouvement étudiant actuel en discutant d’enjeux de société ». Fonctionnant selon le modèle de l’université populaire, elle entend inviter chaque semaine un professeur afin qu’il puisse continuer de « parler de la société selon son expertise », explique Anne Dupuis, l’une des organisatrices de la M.A.P.S. L’université populaire est en faveur de la grève et se veut un espace de discussion sur la société d’aujourd’hui et de demain. L’organisation prend son envol sans même avoir eu à tenir une assemblée d’ouverture, montée en moins d’une semaine. « Le momentum était là, il fallait aller vite », précise Anne Dupuis.
M.A.P.S. a déjà approché plusieurs professeurs qui se sont dits enthousiasmés par l’idée. « Les conférences ont un niveau universitaire sans en avoir la forme plus contraignante. Les professeurs s’expriment plus librement », se réjouit Anne Dupuis. Certains enseignants refusent toutefois de se positionner publiquement, même s’ils sont aussi contre la hausse des frais de scolarité.
À noter que M.A.P.S n’est pas la seule initiative d’université populaire à être apparue au cours de ces premières semaines de grève. Schola, une initiative similaire, devait être lancée le 29 février, au moment de mettre sous presse. Une union serait-elle à considérer?
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Photographe : Xavier Beige Leblanc
Journaliste : Thomas Dupont












